Né en 1998 en Guadeloupe, Simon Gabourg est artiste visuel. Diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux et du post-diplôme de l’ENSBA Lyon, il vit et travaille entre Paris, Bordeaux et Pointe-à-Pitre. Marqué par les allers-retours constants entre la Guadeloupe et la France durant son enfance, il développe une sensibilité aux géographies fragmentées et aux récits pluriels. Sa pratique associe sculpture, installation et vidéo, dans une approche où documentaire et fiction dialoguent.
Son travail interroge la matérialité et la généalogie d’objets techniques — pneus, palettes, structures métalliques — pour en révéler la charge historique et politique. En réactivant plastiquement ces artefacts, il met en lumière les systèmes de domination économique et coloniale, et les récits intimes qui les traversent. Les formes produites, à la fois vestiges industriels et fragments d’écosystèmes en régénération, deviennent des témoins d’un monde en mutation.
Résidence à Taïwan
La résidence sera l’occasion d’approfondir une recherche sur les expansions coloniales françaises vers l’Indochine, et plus particulièrement Taïwan, en s’attachant à l’histoire du caoutchouc et à ses dimensions écologiques et géopolitiques. En partant du pneu comme objet industriel porteur de mémoire, Simon Gabourg mettra en relation des récits familiaux — notamment celui de son grand-père mobilisé en Indochine — et l’histoire coloniale inscrite dans les territoires visités. Le projet mêlera collectes de traces, rencontres et expérimentations formelles associant sculpture, assemblages de bois et de caoutchouc, scans 3D et vidéo.
Tout au long de leur résidence à Taïwan ou en France, les artistes de la Villa Formose partagent avec les publics leurs recherches, travaux en cours et l’essence même de leur processus de création ; interagissez avec eux, et ne manquez rien de l’actualité des lauréats !